Un problème entre hommes et médecins?

La dernière fois que Bryan Wilson a été malade, il a vu son pédiatre. Il avait alors 18 ans, n’avait pas l’âge légal de consommer de l’alcool et conduisait le Dodge Stratus 1999 couleur champagne de ses parents. C'était il y a 12 ans.

Notre analyste financier, maintenant basé à Toronto et âgé de 29 ans, semblait pourtant être sur la bonne voie en 2014 lorsqu'il a rencontré un nouveau médecin de famille pour une première consultation, mais il n’y est jamais retourné par la suite pour ses bilans.

Depuis ce temps, Wilson s’est rendu une fois à une clinique sans rendez-vous pour une possible infection streptococcique de la gorge et a atterri, une autre fois, dans une salle d'urgence pour y recevoir des points de suture à la main. Voilà qui résume l'étendue de ses visites chez le médecin.

« Je suis occupé et aller voir le médecin est au bas de ma liste de priorités », dit-il. « M’occuper de ma santé - comme aller au gym et manger sainement - n'est pas toujours au centre de mes préoccupations. J’ai l’impression que le médecin me dirait de faire ce que je sais déjà qu’il faudrait que je fasse. »

Oui, peut-être, mais selon le Dr Dean Elterman, urologue au Toronto Western Hospital, il est difficile de convaincre les hommes d’aller voir leur médecin, et ce, pour plusieurs raisons, y compris en raison du risque de se montrer vulnérable et de ne pas répondre aux attentes de la société en matière de résilience et selon lesquelles les hommes sont « forts ».

Chez les hommes, les attentes traditionnelles en ce qui concerne leur rôle et leur masculinité sont enracinées dès leur plus jeune âge, dit-il, y compris l'idée « qu’ être solide » signifie « ignorer » ses problèmes de santé. Historiquement, certaines des attentes concernaient la famille. « Les hommes se concentraient sur leur rôle de soutien de famille en pourvoyant aux besoins de ses membres et négligeaient d'écouter leur corps au détriment de leur santé », explique le Dr Elterman. « Il y a aussi la peur que le médecin puisse trouver quelque chose d’anormal - ce qui pourrait signifier qu'il leur faudrait s’absenter du travail et peut-être dépendre d'autrui ».

Heureusement, il existe des solutions simples et non invasives de gérer certaines de ces affections, notamment en ce qui concerne les problèmes de contrôle urinaire

Il y a aussi l’embarras ressenti par certains hommes au sujet du toucher rectal, cet examen invasif qui permet de vérifier l’état de la prostate.

« Les femmes sont plus fortes que les hommes », explique le Dr Elterman. « Elles ont l’habitude des examens médicaux invasifs, y compris des frottis et des accouchements. Les femmes sont également plus susceptibles de subir des examens pendant la vingtaine et la trentaine alors qu’elles sont en âge de procréer. De fait, rien ne pousse véritablement les hommes à consulter le médecin après avoir cessé de voir leur pédiatre. »

Wilson reconnaît que les gars qui subissent des examens de routine sans raison apparente de consulter un médecin ou sans être affligés d’une grave maladie sont, jusqu’à un certain point, stigmatisés. « Une certaine mentalité prévaut selon laquelle ‘ce qui ne tue pas te rend plus fort’ », explique-t-il.

En vérité, pour rester en santé, les hommes devraient visiter leur médecin de façon régulière, et ce, à tout âge, atteste le Dr Elterman.

Chez les hommes plus jeunes, les problèmes de santé les plus courants à surveiller sont le poids, le cancer des testicules, les problèmes de santé mentale comme le stress et la dépression, et le tabagisme. « Quand les hommes atteignent la cinquantaine ou la soixantaine», dit le Dr Elterman, « nous vérifions la présence d’une hypertrophie de la prostate ou d’une dysfonction érectile - car celles-ci peuvent être les signes précurseurs de la maladie cardiovasculaire; et la présence de problèmes urologiques, comme l’incontinence, la faiblesse de l’émission et sa fréquence. Nous vérifions aussi la présence d’un cancer de la prostate ou de la vessie. »

Heureusement, il existe des solutions simples et non invasives de gérer certaines de ces affections, notamment en ce qui concerne les problèmes de contrôle urinaire. En effet, les coussinets et les culottes protectrices TENA Men contre les fuites urinaires peuvent venir en aide aux hommes aux prises avec une vessie hyperactive. En ce qui concerne ce que le Dr Elterman nomme les « problèmes de santé générale » comme le poids, le diabète, l'hypertension artérielle et le cholestérol – il est possible de les gérer à l’aide d’un régime alimentaire spécial et de médicaments.

En ce qui concerne le mot « c » qui fait peur, il s’agit certes d’une maladie préoccupante, ajoute le Dr Elterman, mais elle n’équivaut pas à une peine de mort.

« Il est incroyablement facile de traiter un cancer de la prostate lorsqu’il est détecté à un stade précoce grâce à des prises de sang et à des examens rectaux périodiques », dit-il. « Les hommes sont heureux d’apprendre qu’il n’est pas nécessaire de traiter chacun des cas de cancer de la prostate. »

Le Dr Elterman suggère de prendre une décision éclairée quant aux traitements et aux options possibles, et « ne pas vous mettre la tête dans le sable » par peur du diagnostic.

« Le Canada est un chef de file en matière de surveillance active du cancer de la prostate », ajoute-t-il. « Dans la plupart des cas, il suffit de le surveiller sans nécessité de le traiter ».

Moins répandu chez les hommes que le cancer de la prostate, le risque de cancer de la vessie est 10 fois plus élevé chez les fumeus. Le principal signe de sa présence est facilement détectable : du sang dans l'urine.

« D’autres raisons peuvent expliquer la présence du sang dans l’urine, y compris une infection et une hypertrophie de la prostate, mais si vous voyez du sang dans votre urine, ne serait-ce qu’une fois, c'est suffisant pour le signaler à votre médecin", explique le Dr Elterman.


Ce contenu est produit par The Globe and Mail’s Globe Edge Content Studio, en consultation avec Robinson.



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